Quelles sont tes croyances limitantes ?
Nous pensons souvent réagir à ce qui nous arrive.
Mais en réalité, nous ne réagissons pas seulement aux événements. Nous réagissons aussi à ce que nous croyons à propos de ces événements.
Deux personnes peuvent vivre exactement la même situation et pourtant ressentir des émotions très différentes, avoir des réactions opposées et prendre des décisions complètement différentes.
Pourquoi ?
Parce qu’entre ce qui se passe et notre réaction, il y a souvent quelque chose d’invisible :
Une croyance sur soi.
Une croyance sur les autres.
Une croyance sur l’amour.
Une croyance sur l’argent.
Une croyance sur la réussite.
Une croyance sur le monde.
Certaines nous aident à avancer.
D’autres peuvent au contraire nous enfermer dans des peurs, des comportements ou des situations qui se répètent.
Ce sont ce que l’on appelle souvent des croyances limitantes.
Qu’est-ce qu’une croyance limitante ?
Une croyance est une idée que nous considérons comme vraie.
Pas nécessairement parce qu’elle est objectivement vraie.
Mais parce qu’à un moment de notre histoire, nous l’avons comprise, ressentie ou enregistrée comme telle.
Par exemple :
« Je ne suis pas à la hauteur. »
« Je dois être parfait pour être aimé. »
« On finit toujours par m’abandonner. »
« Je ne peux faire confiance à personne. »
« Il faut travailler dur pour mériter de réussir. »
« L’argent est difficile à gagner. »
« Je dois faire passer les autres avant moi. »
« Si je dis ce que je pense, je vais provoquer un conflit. »
« Je ne mérite pas mieux. »
Lorsque ce type de croyance s’installe profondément, elle peut finir par devenir une sorte de filtre à travers lequel nous interprétons notre vie.
Nous ne voyons pas toujours la réalité telle qu’elle est
Imaginons une situation très simple.
Vous envoyez un message à quelqu’un.
Cette personne ne répond pas.
Le fait objectif est seulement celui-ci :
Mais notre mental va très rapidement essayer de donner un sens à cette absence de réponse.
Si vous portez la croyance :
vous pouvez rapidement penser :
« Il m’ignore. »
« Je ne suis pas important pour lui. »
« J’ai sûrement fait quelque chose de mal. »
Puis apparaissent les émotions :
tristesse,
colère,
peur,
sentiment de rejet,
angoisse.
Et ces émotions peuvent ensuite provoquer une réaction : envoyer plusieurs messages, se fermer, devenir froid, attaquer ou se retirer de la relation.
Pourtant, la personne était peut-être simplement occupée.
Une croyance peut finir par confirmer la croyance elle-même
C’est là que le mécanisme devient particulièrement intéressant.
Une croyance peut influencer notre émotion.
L’émotion influence notre comportement.
Et notre comportement peut parfois créer une situation qui vient ensuite renforcer la croyance initiale.
Prenons quelqu’un qui croit profondément :
Cette personne peut devenir très inquiète dans ses relations.
Elle cherche à être rassurée, surveille les signes de distance et peut interpréter certains silences comme un rejet.
Elle peut devenir très demandeuse ou, au contraire, se protéger en prenant elle-même ses distances.
La relation se tend.
L’autre personne finit peut-être par s’éloigner.
Et la croyance initiale semble alors se confirmer :
Le problème est que la croyance n’est alors plus perçue comme une croyance.
Elle devient, pour la personne, une évidence.
D’où viennent les croyances limitantes ?
Certaines apparaissent dans l’enfance.
Un enfant ne possède pas encore le recul nécessaire pour analyser toutes les situations qu’il vit.
Il observe.
Il ressent.
Il interprète.
Il tire des conclusions.
Un enfant régulièrement comparé à son frère ou à sa sœur peut par exemple construire :
Un enfant qui reçoit surtout de l’attention lorsqu’il réussit peut comprendre :
Un enfant confronté à des tensions importantes peut apprendre :
Un enfant dont les besoins sont régulièrement ignorés peut construire :
Ces conclusions n’ont pas forcément été exprimées clairement par les parents.
Elles peuvent simplement correspondre à la manière dont l’enfant a compris et ressenti ce qu’il vivait.
Les croyances peuvent aussi venir de notre environnement
Nous apprenons également beaucoup par répétition.
Certaines phrases entendues régulièrement peuvent finir par devenir des vérités intérieures :
« La vie est dure. »
« On n’a rien sans rien. »
« Il ne faut faire confiance à personne. »
« L’argent ne fait pas le bonheur. »
« Les hommes sont tous pareils. »
« Les femmes sont toutes pareilles. »
« Dans la vie, il faut se battre. »
« Chez nous, personne ne réussit vraiment. »
« On ne montre pas ses faiblesses. »
Ces messages peuvent venir de la famille, de l’école, de l’environnement social ou de certaines expériences de vie.
Ils peuvent parfois être transmis pendant des années sans jamais avoir été réellement remis en question.
Quand une croyance devient invisible
Une croyance profondément installée ne se présente généralement pas à nous sous cette forme :
Elle se présente plutôt comme une vérité.
On ne pense pas :
On pense :
On ne pense pas : « J’ai développé une croyance selon laquelle je dois faire plaisir à tout le monde. »
On pense :
C’est pour cette raison que la première étape consiste souvent simplement à conscientiser la croyance.
La voir.
La nommer.
Prendre conscience qu’elle existe.
Conscientiser : la première étape
Lorsqu’une émotion très forte apparaît ou qu’une situation se répète régulièrement, il peut être intéressant de se demander :
Vous pouvez également vous poser certaines questions :
Pourquoi suis-je aussi touché par cette remarque ?
Qu’est-ce que cette situation signifie pour moi ?
Qu’est-ce que je crois à propos de moi dans cette situation ?
Qu’est-ce que j’ai peur que cela prouve ?
On peut alors découvrir des pensées plus profondes :
« Je ne suis pas assez bien. »
« Je ne suis pas aimé. »
« Je vais être rejeté. »
« Je n’ai pas le droit de me tromper. »
« Je dois être parfait. »
« Si je pense à moi, je suis égoïste. »
À partir de ce moment-là, la croyance commence à devenir visible.
Une croyance n’est pas forcément une vérité
Dans mon approche, cette étape est essentielle.
Une fois la croyance identifiée, il faut pouvoir la regarder avec le mental et se demander :
Pas simplement :
« Est-ce que j’ai l’impression que c’est vrai ? »
Mais plutôt :
Prenons une croyance comme :
Est-ce vraiment exact ?
Toujours ?
Absolument tout ?
Probablement pas.
Il existe presque toujours des contre-exemples.
Prenons une autre croyance :
Comment peut-on réellement savoir ce que toutes les personnes présentes ou futures pourraient ressentir ?
On ne le peut pas.
Le mental doit d’abord comprendre
Dans mon travail, je considère qu’il est difficile de lâcher profondément une croyance si une partie de nous continue à penser qu’elle est vraie.
Le mental a donc un rôle important.
Prenons :
On peut commencer par questionner cette affirmation.
Est-ce que toutes les personnes me rejetteront ?
Est-ce que cela s’est produit chaque fois que j’ai posé une limite ?
Est-ce qu’une relation saine exige que je dise toujours oui ?
Est-ce que je considère moi-même qu’une personne qui me dit non me rejette nécessairement ?
Petit à petit, le mental peut arriver à une autre conclusion :
Cette étape est importante parce qu’elle ouvre une possibilité de changement.
Comprendre ne suffit pas toujours
Et pourtant, beaucoup de personnes vivent quelque chose d’assez déroutant :
Elles savent mentalement qu’une croyance est fausse… mais elles continuent à la ressentir.
« Je sais que je ne suis pas nul, mais je le ressens quand même. »
« Je sais que j’ai le droit de dire non, mais je culpabilise quand même. »
« Je sais que cette personne n’est pas mon père, mais je réagis exactement comme si j’étais encore enfant. »
C’est là qu’apparaît la différence entre comprendre intellectuellement et avoir intégré émotionnellement quelque chose.
Le travail émotionnel : là où le changement peut se poursuivre
Une croyance peut être parfaitement identifiée et rationnellement remise en cause, tout en continuant à déclencher une émotion.
Pourquoi ?
Parce qu’elle peut être associée à des expériences anciennes, à des peurs, à des blessures ou à des ressentis qui ont profondément marqué la personne.
Le mental peut dire :
Mais une autre partie de nous continue à réagir comme si cela l’était.
Dans mon accompagnement, différentes approches peuvent être utilisées selon la situation, notamment l’ EFT , le travail émotionnel ou encore les constellations familiales lorsque le fonctionnement semble également s’inscrire dans une histoire familiale plus large.
L’objectif n’est pas simplement de répéter une pensée positive.
Il est de permettre au fonctionnement intérieur de ne plus réagir de la même manière.
Remplacer une croyance ne signifie pas se raconter une nouvelle histoire
Il ne s’agit pas de remplacer :
par :
si cette nouvelle phrase ne correspond pas davantage à la réalité.
L’objectif est plutôt d’aller vers quelque chose de plus juste et de plus rationnel.
« Je peux réussir certaines choses et en rater d’autres. »
« Je peux apprendre. »
« Je n’ai pas besoin d’être parfait pour avoir de la valeur. »
« Je peux poser une limite sans rejeter l’autre. »
« Je peux prendre soin de moi sans devenir égoïste. »
« Une expérience passée ne détermine pas nécessairement ce qui va se produire demain. »
Ce ne sont plus des affirmations destinées à se convaincre.
Comment repérer une croyance limitante dans sa vie ?
Certains mots peuvent parfois constituer de bons indicateurs.
Lorsque vous vous surprenez à penser :
« Toujours… »
« Jamais… »
« Tout le monde… »
« Personne… »
« Je dois absolument… »
« Je ne peux pas… »
il peut être intéressant de regarder ce qui se cache derrière.
Posez-vous quelques questions :
Qu’est-ce que je crois à cet instant ?
Est-ce un fait ou une interprétation ?
Quelle preuve ai-je que cette croyance est vraie ?
Existe-t-il des situations qui prouvent le contraire ?
Depuis quand est-ce que je pense cela ?
À qui ou à quoi cette phrase me fait-elle penser ?
Ces questions ne règlent pas tout.
Mais elles permettent déjà de passer de :
à :
Et cette différence est fondamentale.
Nos croyances influencent notre vie bien plus que nous ne le pensons
Elles peuvent influencer :
nos relations,
notre confiance en nous,
notre rapport au travail,
notre rapport à l’argent,
nos choix amoureux,
notre capacité à poser des limites,
notre manière de vivre l’échec,
notre capacité à recevoir,
notre peur de réussir,
notre manière d’interpréter le regard des autres.
Certaines croyances peuvent nous accompagner pendant des années sans que nous sachions qu’elles sont là.
Nous pensons parfois :
Alors qu’il serait peut-être plus juste de dire :
Et ce que l’on a appris peut parfois être questionné, transformé et dépassé.
Et si vous commenciez simplement par observer ?
La prochaine fois qu’une émotion ou une réaction vous semble disproportionnée, essayez de ne pas vous juger immédiatement.
Posez-vous plutôt cette question :
Puis :
Vous découvrirez peut-être qu’une phrase ancienne continue encore à influencer une partie de votre vie.
La première étape n’est pas forcément de la combattre.
C’est de la voir.
Ensuite, il devient possible de vérifier si elle est réellement vraie.
Et lorsqu’au niveau mental nous pouvons reconnaître qu’une croyance est devenue fausse, irrationnelle ou inadaptée, nous pouvons alors commencer à travailler sur ce qu’elle continue à provoquer au niveau émotionnel.
Nous ne pouvons pas toujours choisir
les croyances que nous avons intégrées.
Mais nous pouvons apprendre à les reconnaître,
à les questionner et à ne plus les laisser
décider systématiquement à notre place.
Et si une croyance influençait encore certaines de vos réactions ?
Certaines réactions, peurs ou situations répétitives peuvent être liées à des croyances profondément intégrées. Les conscientiser, les questionner puis travailler sur leur dimension émotionnelle peut permettre d’avancer différemment.
Je vous accompagne en cabinet à Tourbes, près de Pézenas, ou à distance.
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